Notice nécrologique lue sur le site La Vie Rémoise maintenu par Jean-Yves Sureau
SENART (Jean François Léon).
Ancien notaire, ancien maire de Villers-Cotterêts, né à Villers-Cotterêts (Aisne) le 21 novembre 1817, décédé au même lieu le 24 mai 1894.
Issu d’une famille de notables commerçants, après avoir fait ses études au collège Bourbon, il fit son droit en même temps qu’il faisait son stage d’abord dans une étude d’avoué, ensuite dans une étude de notaire. En 1842, il succéda à Me Odent, notaire dans son pays natal, où il fut bientôt apprécié.
En 1848, il entrait au conseil municipal, à la place de son père, et depuis il n’a cessé de faire partie de cette assemblée jusqu’en 1888, époque à laquelle il avait jugé avoir le droit à un repos bien mérité. Pendant ce temps, il fut premier adjoint en 1853 ; et maire de 1855 à 1867. Il fut de nouveau appelé à la mairie en 1882 à laquelle il renonça en 1884, ainsi qu’à son mandat de conseiller qui lui fut renouvelé en 1892 avec la fonction de maire pour la troisième fois.
Pendant la longue période de sa vie administrative, M. Senart rendit à la cité qui l’a vu naître et qu’il a quittée pour faire ses études, d’éminents services. C’était un véritable administrateur connaissant à fond les affaires. Il savait traiter de haute main toutes les questions, même les plus élevées.
Pendant la guerre, quoiqu’il ne fut plus maire à cette époque, il fut appelé à la commission et fit échapper la ville de Villers-Cotterêts à la contribution de près de 100.000 francs qui lui était imposée par les ennemis, grâce à son énergie et à sa persévérance.
À cette époque encore, M. Guay, alors maire, était menacé d’être passé par les armes à cause de son énergie à défendre les intérêts de la ville, lorsque M. Senart et M. l’abbé Angot, alors curé-doyen, allèrent se placer de chaque côté du maire, demandant au vainqueur de partager son sort. Cette démarche eut le pouvoir de fléchir l’ennemi.
M. Senart fut pendant 40 années premier suppléant de la justice de paix.
Charles Remy.
Source : AMB 1895.